Fibre optique : Bouygues Telecom, SFR et Free s’opposent à l’ARCEP

Hier, lors du colloque annuel organisé par l’ARCEP, les dirigeants de SFR, de Bouygues Telecom et de Free ont profité de la tribune qui leur était donnée pour critiquer le plan de déploiement de la fibre optique élaboré par le gouvernement. Ils estiment que la régulation délaisse la mutualisation et favorise France Télécom.

Fibre optique

Hier, lors de son colloque annuel qui avait pour thème « Croissance, innovation et régulation » l’ARCEP ne s’attendait pas à subir la fronde des trois concurrents de France TélécomEmmenés par Martin Bouygues, les trois opérateurs ont vivement critiqué la stratégie adoptée par le gouvernement pour le déploiement de la fibre optique en France.

Le plan fibre ambitionne de couvrir 57 % de la population en très haut débitd’ici 5 ans et d’atteindre les 100 % en 2025. Pour parvenir à cet objectif, l’Etat s’est engagé à investir 2 milliards d’euros. Quant aux modalités réglementaires, la France est le premier pays de l’Union Européenne à s’être doté d’un cadre juridique.

Martin Bouygues

Or, c’est ce cadre réglementaire, validé par le gouvernement, qui a essuyé un feu nourri de critiques. Le premier a s’être exprimé est Martin Bouygues, le président de Bouygues Telecom : « L’Etat a posé le principe de la concurrence par les infrastructures, quels que soient les réseaux. L’application de ce principe sur les réseaux fibres conduit en fait à instaurer une concurrence par l’investissement et les cash-flow.»

Selon lui, le cadre réglementaire favorise le déploiement de la fibre optique dans les zones les plus denses, c’est-à-dire dans les zones les plus rentables, délaissant ainsi les zones rurales. « France Télécom décide de déployer les villes rentables partout où des réseaux d’initiative publique départementaux se dessinent, ruinant ainsi la rentabilité globale du projet des collectivités locales. » a-t-il ajouté.

Plaidant pour sa paroisse, il a demandé à l’autorité de régulation d’avoir plus de temps avant d’investir dans la fibre afin de développer sa base de clients fixes. En effet, Bouygues Telecom est devenu un FAI il y a seulement deux ans et propose des solutions très haut débit en utilisant le réseau de Numericable.

Xavier Niel

Quant à Free et SFR, ils reprochent à l’ARCEP de ne pas favoriser la mutualisation. Xavier Niel estime que « 500 millions d’euros sont gaspillés chaque année[…] car chacun déploie son réseau à coté des autres » et Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi, groupe qui possède SFR, qualifie le cadre réglementaire « d’absurdité », en expliquant que l’on déploie «  un réseau ferré avec des voies différentes pour chaque sociétés de transport. »

Par ailleurs, il a rappelé que SFR « propose depuis plus d’un an la mise en place d’une infrastructure commune avec France Télécom, ouverte à tous les opérateurs et organismes financiers qui souhaitent investir dans les réseaux de demain »

En s’exprimant ainsi, les trois rivaux de France Télécom se positionnent clairement du côté de l’avis de l’Autorité de la concurrence. Cette dernière invite l’ARCEP à réfléchir à une séparation fonctionnelle de France Télécom qui couperait l’opérateur historique en deux entités, une gérant le réseau et l’autre les offres commerciales.

Les propositions des trois opérateurs sont restées lettres mortes puisque d’après nos confrères du journal Les Echos, Stéphane Richard n’était plus dans la salle pour répondre à ses homologues.

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One response to “Fibre optique : Bouygues Telecom, SFR et Free s’opposent à l’ARCEP

  • Fabrice

    La France prend un peu plus de retard en très haut debit pour de basses considérations politiques et lobbyistes. Cet échange entre operateurs « public » et privés demontrent très bien la stratégie du gouvernement à « protéger » les statuts et prérogatives de France Telecom en entravant tout initiative et ceux malgré les engagements pris au niveau européen. Hors un pays offrant un niveau d’offre très haut débit élevé est économiquement très attractif pour les entreprises souhaitant investir et offrirait un avantage concurentiel certain pour l’économie française en général.
    Un GIE regroupant tous les operateurs et chargé de gérer et de développer les réseaux d’un coté (partie technique et R&D) et des entités commerciales propres a chacun des opérateurs et gérant la partie service serait une architecture interessante.

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